Portrait d’usager du vélo #11 – David

Avec la série «Portrait d’usager du vélo», nous donnons la parole aux habitants des Alpes-Maritimes pour qu’ils nous fassent part de leurs expériences à vélo. Si vous souhaitez vous aussi partager votre expérience, contactez-nous par le formulaire ci-dessous !

Peu satisfait par le VTT pour les déplacements domicile-travail depuis Antibes, David a acheté un VAE après un essai concluant en location. Depuis il prend beaucoup de plaisir à doubler les automobilistes coincés dans les bouchons mais aussi à s’évader le midi sur les pistes de la Valmasque ou les routes de l’arrière pays.


Présentation

Prénom : David

Age : 31 ans

Situation familiale :  marié, 1 enfant (1 an)

Ville : Antibes

Profession : Développeur Web à Sophia-Antipolis

Vient au travail à vélo depuis : Janvier 2016

Vélo & accessoires

Marque / modèle de vélo :

Mon vélo est un VAE (Vélo à Assistance Electrique) CUBE Reaction Hybride HPA Pro.

Cube Reaction Hybride HPA Pro, un VAE polyvalent pour routes et pistes.

Avec un moteur central Bosch Performance Line CX (le moteur dans le pédalier est vraiment plus agréable en VTT) et avec un couple jusqu’à 75 Nm, je ne manque pas de puissance.

Une batterie Powerpack 500 Wh (36 V * 13,4 Ah) qui tient bien la charge. Je fais au minimum 60 km quand je pousse à fond et plus de 100 km quand l’assistance est moins forte. Je la recharge 2 fois par semaine. Je peux la détacher pour la recharger à la maison. Elle pèse 2,7 kg à elle seule.

Les roues en 29″ apportent un confort en plus sur la route. Cependant, en usage VTT je recommanderais plutôt un 27.5″ pour plus de facilité en montée sur des parcours hors-pistes.

Il pèse quasiment 24 kg mais avec l’assistance on ne le ressent pas du tout. Par contre sans l’assistance, quand le moteur est à l’arrêt, ça devient très sportif !

Avant j’avais un VTT basique ROCKRIDER 500 B’TWIN.

Pourquoi avoir acheté un VAE ?

J’habite Antibes depuis fin 2015, avant j’étais à Mouans-Sartoux, et je travaille à Sophia-Antipolis depuis 2010.

J’ai testé quelques fois le trajet en VTT mais je n’y trouvais pas d’avantage.

Depuis que je suis arrivé à Antibes, j’ai une distance de 10 km aussi, mais plus de bouchons. Je mettais entre 30 et 40 minutes (alors que les jours de vacances je mets 15 minutes).

Après avoir testé un VAE KTM en location quelques jours avec Bikool, j’ai décidé de franchir le pas.

Il est vrai que le prix d’un vélo à assistance électrique peut très facilement en bloquer certains mais quand on est motivé on peut y trouver beaucoup d’avantages.

Je voulais un VTT car ça me plait vraiment de faire du tout-terrain dans la Valmasque et autour de Sophia.

Il y a vraiment beaucoup de parcours agréables. Pour faire un break le midi c’est génial.

Je n’ai pas pris un vélo tout suspendu car les prix sont vraiment trop élevés, rien en dessous de 3000 €.

Beaucoup diront que du VTT en électrique ce n’est plus du sport, mais je vous inviterai vraiment à tester, c’est un vrai bonheur, et tout dépend du niveau d’assistance que l’on demande au moteur.

 

Au niveau de la vitesse, je rappelle que les VAE sont bridés à 25 km/h, au-delà l’assistance électrique se coupe et vous devez pédaler entièrement vous-même.

C’est la loi française qui l’oblige, pour que le VAE reste dans la catégorie des piétons et autres cyclistes sur la route.

Au-delà, on rentre dans la catégorie des cyclomoteurs. Il faut alors obligatoirement une immatriculation, un contrat assurance, un casque homologué, un rétroviseur et des gants. Il est également interdit de rouler sur les pistes cyclables, ce qui enlève tous les avantages du VAE.

Cette vitesse de 25 km/h est largement suffisante.

En descente je roulais déjà plus vite, donc ça ne change rien.
Sur le plat, je suis déjà à 25 km/h avec un vélo normal, ce qui change c’est que je ne transpire plus.
Dans les montées, c’est vraiment là où l’on gagne du temps, car on est à 25 km/h au lieu de 10 km/h sans forcer.
Et cela n’augmente en rien le risque d’accident.

C’est un peu frustrant quand on découvre le VAE. On a une très bonne puissance jusqu’à 25 km/h et on se retrouve d’un coup sans assistance à 26 km/h !

Avec de la pratique on apprend à gérer son effort pour ne plus avoir cette petite sensation désagréable.

Pour moi, les avantages :

  • le temps de trajet est beaucoup plus court qu’en voiture aux heures de pointe (moins de 25 minutes au lieu de 40 minutes quand il y a des bouchons),
  • je fais un peu d’activité physique,
  • je ne suis plus du tout stressé,
  • je ne transpire pas (pas besoin de prendre une douche arrivé au bureau),
  • je fais des économies d’essence,
  • l’usage du vélo commence à prendre de l’ampleur et des infrastructures commencent à être pensées pour cela.

Et les inconvénients :

  • le prix du VAE (depuis le 19 février il y a une prime de l’État de 200€ lors de l’achat d’un VAE),
  • le froid (en hiver il faut être motivé),
  • la sécurité (certains passages sont dangereux).
Éclairage (Avant/Arrière) :

J’ai équipé le vélo d’un éclairage avant pour une bonne visibilité de nuit et d’un clignotant LED animé à l’arrière (je suis très content de ce modèle).

Sécurité (casque, écarteur, klaxon, accessoires réfléchissants) :

Casque bien sûr : bien qu’il ne soit pas rendu obligatoire par la loi (sauf pour les enfants de moins de 12ans), il est selon moi indispensable dans tous les cas de figures, même pour les petits trajets. Les personnes sans casque sont inconscientes !

Gilet jaune : je rappelle que c’est obligatoire par la loi de nuit hors agglomération.

J’ai installé des lumières et accessoires réfléchissants dans les roues, sur le cadre, le casque pour être plus visible.

Les gens ne me voient pas toujours, avec le klaxon ils m’entendent arriver.

Mise en place d’un câble lumineux clignotant. Ça fait son petit effet de nuit !

Vous êtes plutôt sac à dos ou porte-bagage & sacoches :

Sacoche de cadre, avec emplacement pour smartphone, c’est assez discret et l’essentiel rentre dedans.

Autres accessoires :
  • une tige de selle suspendue CANE CREEK THUDBUSTER LT pour retrouver le confort d’un vélo tout suspendu pour beaucoup moins cher,
  • des pédales semi-automatiques (il faut savoir que, souvent, quand on achète un vélo haut de gamme, les pédales ne sont pas vendues avec, j’étais un peu surpris),
  • des poignées ergonomiques,
  • un cadenas quand je dois laisser mon vélo seul en ville,
  • un siège bébé pour les promenades avec ma fille le week-end au bord de mer,
  • La console Intuvia vendue avec le moteur permet de visualiser beaucoup d’informations sur le vélo et mon téléphone dans la sacoche tourne avec l’application Strava pour partager mon parcours GPS lors de mes balades (j’indique bien que je suis en e-bike, sinon je me fais vite rappeler à l’ordre en récupérant les KOM).

Ça fait pas mal de gadgets, mais je peux tout détacher très facilement pour mes usages tout terrain.

Trajet domicile-travail

Au départ, pourquoi avoir décidé de prendre le vélo pour aller au travail ?

Principalement à cause des bouchons. J’ai des horaires 9h-18h, en plein pic de trafic, et le moindre petit imprévu tel que 2 gouttes de pluie bloque totalement la circulation.

Certains soirs, j’avais vraiment l’impression d’être pris en otage, à rester bloqué totalement immobile pendant plus de 20 minutes d’affilé, sans avoir aucune explication ni autre moyen alternatif.

Je voyais tous les vélos passer à côté et je me suis dit que je devais vraiment franchir le pas.

Avec le vélo je suis absolument sûr de mon temps de trajet à la minute près, rien ne peut me ralentir.

À quelle fréquence venez-vous travailler à vélo ?

Je viens le plus possible en vélo, quasiment tous les jours, sauf en cas de pluie importante.

Lorsqu’il pleut, c’est là où je dois faire un choix crucial, car d’un côté je sais que je vais être trempé en vélo, mais en voiture je suis sûr que les bouchons seront monstrueux.

Quelle est la distance domicile-travail parcourue et la durée ?

J’ai 9 km et je mets 23 min (20 min pour le retour en descente).

Que transportez-vous (repas, ordinateur, vêtements de change, enfants, …) ?

Juste le strict minimum, mes papiers, mon téléphone et un kit en cas de crevaison (une chambre à air, une pompe, un multi-outils).

J’ai préparé des habits pour me changer à mon travail.

Et je mange au resto ou un sandwich le midi.

Qu’est-ce-qui vous plait le plus dans le fait d’aller au travail à vélo ?

C’est un peu sadique, mais plus il y a des bouchons, plus je suis content d’être sur mon vélo à doubler tout le monde. C’est aussi très agréable de prendre un bol d’air frais : comme je fais moins d’effort physique avec l’assistance, je respire plus lentement et je ressens beaucoup moins de gène au niveau de la pollution.

Le VAE permet de se déplacer avec moins d’effort et de profiter des parcours agréables de la région.

Connaissez-vous d’autres personnes qui se rendent à leur travail à vélo ?

Je croise de plus en plus de monde en vélo, j’essaye parfois d’en motiver quelques-uns à rejoindre notre groupe de discussion sur https://velosophia.slack.com.

C’est très sympa de pouvoir discuter pour découvrir des personnes avec la même passion.

Quand vous n’y allez pas à vélo, comment allez vous à votre travail ?

Je prends ma voiture. Je suis tout seul dans mon véhicule comme dans 90% des voitures autour de moi qui font le même trajet.

J’ai testé quelques applis de covoiturage mais je n’ai pas trouvé mon bonheur.

Le bus me demande de faire 2 changements et au niveau durée je serais perdant.

Quelles sont les raisons qui font que certains jours vous ne venez pas à vélo ?

Fortes pluies ou un rendez-vous.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire venir plus souvent à vélo ?

Que la route soit plus sécurisée et qu’il y ait plus de pistes cyclables. Par exemple, je suis inscrit à une salle de sport au début du chemin St Bernard. Pour moi il est vraiment trop dangereux d’y aller en vélo, donc quand je souhaite y aller, je rentre à la maison pour prendre ma voiture.

Quels sont les passages dangereux sur votre trajet ?

Les passages les plus dangereux en vélo, quand il n’y a pas de piste réservée, ce sont les ronds-points et quand on passe entre les voitures d’une double voie de circulation. Les voitures ne font pas du tout attention à l’environnement autour d’elles et ne pensent pas un instant aux vélos qui peuvent passer.

Route de Grasse à Antibes, au niveau des concessionnaires Renault/Citroën/Peugeot, il y a presque toujours des voitures garées sur la piste cyclable qui bloquent le passage.

Et avec les places de stationnement au bord, quand une voiture tourne à droite pour aller à l’Eléphant Bleu/Speedy/Picard, on est sûr qu’elle vous rentre dedans !

Au niveau du rond-point du Golf, au carrefour Saint Philippe, quand on descend du côté de l’IUT, les voitures qui sortent des Templiers sont dangereuses, et en vélo on arrive parfois avec un peu trop de vitesse. J’ai eu un accrochage là-bas il y a 1 an. Maintenant ils ont coupé la haie, ils ont refait le marquage au sol de la piste cyclable et ils ont mis des panneaux signalant de faire attention aux cyclistes.

Mais je le répète, la visibilité est primordiale en vélo. Surtout le soir en hiver, il ne faut pas hésiter à mettre le plus possible de lumières et accessoires réfléchissants pour être bien vu.

Equipement sur le lieu de travail

Votre lieu de travail propose-t-il :

  • Des parkings sécurisés ?
    • J’ai un box fermé.
  • Des vestiaires/douches ?
    • Il y a une douche dans mon immeuble depuis 1 an.
  • Des casiers pour stocker vos affaires ?
    • J’ai un espace de rangement à l’entrée de mon bureau pour me changer et mettre mes affaires de vélo.
  • Un lieu pour faire sécher vos affaires ?
    • Non.
Votre entreprise propose-t-elle l’indemnité kilométrique vélo ?

Non, j’ai posé la question plusieurs fois mais on me répond que c’est compliqué à mettre en place. 200 €/an ça serait toujours bon à prendre.

Votre équipement

Haut : Un maillot manche longue et une veste B’TWIN, c’est léger mais ça tiens assez chaud.

Bas : Pantalon de jogging.

En cas de pluie : Je ne suis pas vraiment équipé pour la pluie, j’essaye de passer entre les gouttes, sinon je prends ma voiture.

Quand il fait froid : Une paire de gants, un tour de cou coupe-vent, une sous-couche et un collant.

Entretien du vélo

Qui fait l’entretien de votre vélo ? Magasin de cycles, grande surface, vous-même, atelier participatif…

Je me débrouille seul, ce n’est pas très compliqué. Je regarde parfois des vidéos sur internet pour me guider. Mais je n’ai pas toujours les bons outils.

A quelle fréquence entretenez-vous votre vélo ?

Je vérifie les éléments essentiels (pression des pneus et freins) et l’aspect général environ une fois par semaine. J’essaie de faire un nettoyage complet une fois par mois.

Vos autres trajets à vélo

Votre vélo vous sert-il à d’autres trajets ?

Non, car j’ai encore un peu peur de laisser mon vélo attaché dans des endroits publics à cause des vols.

A quelle fréquence utilisez vous votre vélo ?

Toute la semaine pour aller au travail. Le midi pour m’éclater en VTT.

Et le week-end quand il fait beau je fais un tour avec ma fille dans le siège bébé derrière moi, elle adore ça.

J’ai essayé de sortir avec ma femme mais son vélo n’est pas électrique. Du coup j’ai beau me mettre à son rythme, c’est frustrant pour elle quand il y a des montées. Le prix d’un VAE serait trop cher pour son usage car elle ne l’utiliserait que pour le loisir. J’envisage peut-être une location pour les beaux jours.

Balade jusqu’à Gourdon à la pause repas. J’y suis en 1h30 aller/retour depuis Sophia en VAE.

Pouvez-vous détailler un de vos trajets ?

Sophia-Antipolis regorge de parcours extraordinaires pour la pratique du VTT, il ne faut pas hésiter à tester de nouveaux petits chemins. J’utilise l’application Strava pour découvrir de nouveaux passages.

J’ai réalisé plus de 4.000 km en 10 mois.

Avez-vous essayé le voyage à vélo ?

Non, je reste dans la région et ma plus grande balade est de 65km.

Si vous deviez donner un conseil à quelqu’un qui envisage d’aller au travail à vélo, quel serait-il ?

Préparer son parcours pour connaitre le meilleur chemin, le plus sécurisé avec des pistes cyclables (http://www.amenagements-cyclables.fr/).

Prévoir des vêtements de rechange.

Et lancez-vous, il faut tester et vous trouverez vite des avantages.

Vue panoramique depuis Chateauneuf de Grasse

Venant d’Antibes, j’ai 3 montées importantes et entre mon vieux vélo et mon VTT à assistance électrique la différence est ÉNORME !

Je peux facilement comprendre les gens qui sont découragés, nous avons une région avec des dénivelés importants.

En vélo je mets plus de 35 minutes et je fais vraiment un effort important. J’arrive transpirant, il y a vraiment très peu d’avantages.
Avec un bon VTT à assistance électrique, je mets 23 minutes et c’est un réel plaisir. Je ne force jamais, je suis à 25km/h dans les montées et j’arrive au bureau tout frais.

Je pense qu’il faut vraiment tester au moins une fois un vélo à assistance électrique (avec un bon moteur de préférence) pour prendre conscience de la différence.

Pour moi c’est le seul moyen de convaincre les personnes qui sortent leur vélo 3/4 fois dans l’année pour le loisir, de franchir le pas et faire ses déplacements pour le travail avec un VAE.

En plus la prime de l’Etat est un bon coup de pouce pour franchir le pas.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Je voudrais encourager les associations (tel que Choisir Vélo, TraViSA, et l’Ademe), les groupes Facebook (tel que VeloSophia06), la CASA pour son aide précieuse à la promotion du vélo et l’installation de box-vélo, les évènements (tel que le Challenge de la Mobilité en septembre) et les entreprises telles que Woov (Clean Energy Planet) qui propose des offres de locations de VAE longue durée intéressantes pour se lancer en douceur.


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